La dézincification est une corrosion sélective qui dissout le zinc d’un laiton et laisse une masse de cuivre poreuse, sans tenue mécanique. Le CW602N (CuZn36Pb2As) est un laiton DZR à l’arsenic dont la résistance à la dézincification est évaluée par l’essai ISO 6509-1 : c’est une propriété matière prouvée, pas un agrément réglementaire. DZR n’est pas « sans plomb » : le CW602N contient toujours du plomb (1,7–2,8 %). Pour l’eau potable dans l’UE, c’est décisif : la liste positive européenne (décision d’exécution (UE) 2024/367) s’applique à partir du 31 décembre 2026 et ne contient aucun laiton au plomb, CW602N compris. Une composition agréée au niveau national reste utilisable jusqu’au 31 décembre 2032 ; le laiton sans plomb inscrit sur la liste est le CW724R (entrée 1658). En France, la conformité ACS se joue au niveau du produit fini, chez l’OEM ; Brassland livre des composants usinés avec certificat matière EN 10204 3.1 à chaque expédition.
Dix-huit mois après la pose, le raccord fuit. On le scie en deux, et là : du cuivre spongieux, rose, qui s’effrite entre les doigts. Le zinc est parti dans l’eau. Ce mode de ruine porte un nom, se mesure par une norme d’essai, et s’évite avec le bon alliage. Vous prescrivez ou achetez des composants de robinetterie pour des réseaux d’eau potable ? Alors une seule question vaut d’être traitée ici : le laiton DZR CW602N est-il le bon choix, et jusqu’où va sa promesse ?
Un mot de cadrage, parce qu’il change tout ce qui suit. Brassland usine des composants de précision en laiton – corps, internes, raccords – et non des robinets ou des vannes finis. La distinction n’est pas cosmétique : elle trace la ligne entre ce qu’un fournisseur de composants peut réellement prouver et ce qui demeure, jusqu’au bout, la responsabilité du fabricant du produit fini.
La dézincification en une phrase
Dans les laitons contenant plus d’environ 15 % de zinc, le zinc peut se dissoudre sélectivement au contact d’une eau agressive. Il ne reste qu’une éponge de cuivre poreuse qui a perdu sa résistance : la pièce peut paraître intacte de l’extérieur et céder sous pression. Côté eau, on observe souvent des dépôts blancs, la fameuse « meringue ».
Le mécanisme : pourquoi le zinc s’en va
Un laiton de décolletage courant comme le CW614N (CuZn39Pb3) contient près de 39 % de zinc. Ce zinc, c’est lui qui donne au laiton sa coulabilité, sa couleur, son usinabilité ; et c’est lui, aussi, qui devient le maillon faible dans certaines eaux. La dézincification est une corrosion sélective : l’eau s’en prend d’abord à la phase riche en zinc et n’abandonne derrière elle qu’un réseau de cuivre. Poreux, tendre, mécaniquement bon à rien.
Et c’est là que le piège se referme, car il est visuel autant que technique. La pièce garde sa géométrie : un raccord dézincifié conserve sa forme et son filetage… jusqu’au jour où la pression le fend. Encastré dans une cloison, tapi en vide sanitaire, noyé dans une chape ? La fuite se découvre trop tard, et la réparation coûte bien plus cher que le composant.
Les facteurs qui aggravent le risque
Rien de fatal ni d’universel dans la dézincification : tout se joue sur l’eau et l’usage. Voici ce qui la nourrit :
- Chlorures élevés au regard de la dureté carbonatée ;
- Eaux chaudes (réseaux d’eau chaude sanitaire, boucles) ;
- Eaux stagnantes ou à faible renouvellement ;
- Eaux douces et peu alcalines, ou pH supérieur à 8 environ.
Eau agressive plus pièce cachée : c’est ce couple, et lui seul, qui fait basculer un simple mode de corrosion vers le risque assurantiel. Voilà pourquoi un alliage pensé pour y résister vaut le détour.
Le CW602N : un laiton DZR à l’arsenic
Le CW602N (CuZn36Pb2As, UNS C35330) joue sur deux leviers à la fois : une teneur en zinc maîtrisée et une pointe d’arsenic dosée avec soin. Ensemble, ils stabilisent la microstructure, et l’arsenic vient brider la dissolution sélective du zinc. C’est ce qu’on appelle un laiton DZR (dezincification-resistant), résistant à la dézincification.
Une propriété mesurée, pas déclarée
La résistance à la dézincification du CW602N se vérifie par l’essai normalisé ISO 6509-1 : l’alliage est exposé en conditions contrôlées, puis on mesure sur coupe métallographique la profondeur de dézincification. Le critère d’acceptation est fixé par l’EN 12164 et l’EN 12165 : 100 µm au maximum pour le CW602N. C’est une propriété matière démontrée par essai – ce n’est pas un agrément réglementaire accordé à un produit.
DZR n’est pas « sans plomb » : la confusion à éviter
C’est l’erreur qui revient le plus souvent. DZR et sans plomb répondent à deux problèmes distincts. Le CW602N tient tête à la dézincification, soit ; mais il reste un laiton au plomb – le « Pb2 » inscrit noir sur blanc dans CuZn36Pb2As. Et ce plomb y fait son travail habituel : il fragmente le copeau et accélère l’usinage.
Dès que votre cahier des charges pose une exigence sans plomb – typiquement une teneur pondérée en plomb ≤ 0,25 % sur les surfaces mouillées, le critère NSF/ANSI 372 – il faut changer de camp et viser un autre alliage : le CW724R (laiton au silicium) ou le C69300. Notre guide laiton sans plomb couvre ce cas de fond en comble.
Trois familles, trois problèmes
DZR (CW602N, essai ISO 6509-1) : contre la dézincification en eau agressive. Sans plomb (CW724R / C69300, critère NSF/ANSI 372) : contre la migration de plomb au contact de l’eau. Standard (CW614N / CW617N) : pour tout ce qui n’est pas au contact de l’eau potable. Le CW724R coche deux cases à la fois : sans plomb et résistant à la dézincification (100 µm au maximum selon l’EN 12164).
Et l’ACS dans tout ça ?
En France, le régime national est l’ACS (Attestation de Conformité Sanitaire). À partir du 31 décembre 2026 s’applique la liste positive européenne des compositions métalliques (décision d’exécution (UE) 2024/367), sur laquelle le CW602N ne figure pas ; une composition agréée au niveau national reste utilisable jusqu’au 31 décembre 2032, à condition que le produit respecte 5 µg/l de plomb au robinet. Et voici le point qui se perd presque à tous les coups : l’attestation porte sur le produit fini et sa formulation, et c’est le fabricant de ce produit fini qui la porte – l’OEM robinetterie, donc, et non le fournisseur de la barre ou du composant.
Traduisons. Une pièce en CW602N n’est pas « conforme ACS » toute seule, dans son coin. Ce que Brassland dépose dans le dossier de son client tient en trois choses : la bonne matière, la cote tenue, et la preuve – ce certificat EN 10204 3.1 qui consigne la composition, arsenic compris. La propriété DZR de l’alliage nourrit le dossier ACS de l’OEM ; elle ne s’y substitue jamais. Cette frontière, nette, protège les deux parties.
Usiner le CW602N : ce que ça change en atelier
Côté production, la nouvelle est bonne : le CW602N se décollette très bien. Son indice d’usinabilité est de 75 à 85, contre 100 pour le CW614N, la référence de l’échelle des laitons : un cran en retrait, pas un gouffre. Sur le terrain, il se prête sans réserve au décolletage à poupée mobile : internes de robinetterie en Ø 2–32 mm, tolérances jusqu’à ±0,005 mm, pièce finie en un seul cycle.
| Critère | CW602N (DZR) | CW614N (standard) |
|---|---|---|
| Désignation | CuZn36Pb2As · UNS C35330 | CuZn39Pb3 · 2.0401 |
| Résistance dézincification | Oui – évaluée ISO 6509-1 | Non (laiton standard) |
| Sans plomb ? | Non – contient du plomb | Non – contient du plomb |
| Usinabilité (échelle laiton) | 75–85 | Indice 100 (référence) |
| Densité | 8,43–8,45 g/cm³ | 8,46–8,47 g/cm³ |
| Usage type | Eaux agressives, pièces cachées | Hors contact eau potable |
En sanitaire, tout finit par revenir à la traçabilité. Alors chaque expédition part avec son certificat matière EN 10204 3.1, qui grave la composition noir sur blanc, arsenic inclus ; et le 3.2, contresigné par un organisme indépendant, s’obtient sur demande. C’est, mot pour mot, ce que réclament les audits qualité sanitaire.
Périmètre honnête
Nous fabriquons des composants – corps, internes, raccords – et non des robinets ou des vannes finis. Les barres, nous les décolletons en interne ; les corps matricés à chaud passent par des partenaires qualifiés, avant de revenir chez nous pour la reprise en usinage. Pas de fonderie dans la chaîne, nulle part. Dire aussi nettement ce que l’on fait – et ce que l’on ne fait pas – fait partie de la réponse qu’un acheteur sanitaire exigeant est en droit d’attendre.
Quand le CW602N n’est pas le bon choix
Disons-le sans détour, parce que sur-spécifier coûte de l’argent :
- Composant hors contact eau potable (connectique, pneumatique, décoration) : le CW614N reste le choix rationnel et économique. Le DZR n’apporte rien ici.
- Produit neuf pour l’eau potable dans l’UE à partir du 31 décembre 2026, ou exigence sans plomb au contrat : le CW602N ne figure pas sur la liste positive européenne et ne répond pas au critère NSF/ANSI 372 ; il faut du CW724R (entrée 1658 de la liste européenne) ou, pour le marché nord-américain, du C69300.
- Eau non agressive (peu de chlorures au regard de la dureté carbonatée, pH inférieur à 8 environ, eau froide), réseau accessible : le surcoût DZR peut ne pas se justifier – à arbitrer eau par eau, gamme par gamme.
Le DZR n’est pas un luxe qu’on applique partout, les yeux fermés. C’est une décision de terrain, presque de cartographie : on la prend au regard des chlorures, de la dureté carbonatée, du pH et de la température des eaux desservies. Et quand une autre solution l’emporte, notre réflexe reste le même – chiffrer les deux versions, poser les chiffres côte à côte, et laisser les faits trancher.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que la dézincification exactement ?
Le CW602N est-il sans plomb ?
Une pièce en CW602N est-elle automatiquement conforme ACS ?
Quand faut-il prescrire du DZR plutôt qu’un CW614N ?
Le CW602N se décollette-t-il aussi bien que le CW614N ?
Compositions admises au contact de l’eau potable, groupes de produits et statut sur la liste positive européenne : consultez notre page sur la liste 4MS.
Sources & références
Les données de cette page ont été recoupées avec les normes et publications ci-dessous. Avant toute spécification d’achat, reportez-vous à l’édition en vigueur de la norme.
Dernière révision : juillet 2026. Les normes EN/ISO et le cadre réglementaire sanitaire évoluent ; pour les applications critiques, vérifiez l’édition en vigueur et demandez un certificat matière EN 10204 3.1 à la commande.
Un composant sanitaire à décolleter ?
Brassland usine des internes, corps et raccords en laiton DZR CW602N, sans plomb CW724R ou standard CW614N – décolletage à poupée mobile ±0,005 mm, CNC en interne, certificat matière EN 10204 3.1 à chaque expédition. Envoyez votre plan.
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